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Pour lutter contre la fraude, la SNCF met quatre fabricants de portiques en comptition

Depuis le 11 janvier, quatre portes d’embarquement de fabricants différents sont testées dans les gares Paris-Montparnasse et Marseille-Saint-Charles. Avec ces dispositifs anti-fraude, la SNCF compte autoriser l’accès au quai aux

seuls voyageurs munis de billets valides.


Jusqu'au 31 mars, quatre types de portiques vont être testés. Ici le dispositif IER à Paris. (SNCF)

Pour combler le manque à gagner lié aux voyageurs sans billet et développer son service à bord, la SNCF a choisi de tester les portiques anti-fraude de quatre industriels. Désormais, pour accéder aux TGV des gares Montparnasse de Paris et Saint-Charles de Marseille, les passagers doivent présenter leur titres de transports sur des bornes pour pouvoir se rendre sur les quais. En phase de tests jusqu’au 31 mars, les différentes portes d’embarquements seront évaluées par les usagers et le personnel SNCF. D’ici 2017, le fabricant retenu parmi les quatre en compétition équipera une quinzaine de gares pour étendre ce dispositif aux principales lignes TGV.

Un cahier des charges souple

Les portiques en 5 chiffres :
4
industriels ont fabriqué un prototype
300 millions d'euros par an de bénéfices perdus par la fraude
2 millions d'euros pour financer la création des quatre portiques
81 jours de tests avant le démontage des prototypes
15 gares seront équipées du dispositif retenu d'ici 2017

Les solutions proposées par Xerox, Scheidt & Bachmann, Thales et IER doivent répondre à trois objectifs :  laisser passer uniquement les personnes munies de titres de transport valides ; détecter les billets sous toutes leurs formes : billet classique, e-billet imprimé ou directement sur un smartphone ; enfin, garder une certaine fluidité dans l’accès au quai pour ne pas gêner l’embarquement des clients.

Bertrand Moritz, directeur général de la filiale France de Scheidt & Bachmann, indique que le cahier des charges de la SNCF "laissait une grande latitude pour créer les portiques". C’est d’ailleurs cette liberté qui a permis aux quatre concurrents de présenter des installations différentes.

Scheidt & Bachmann a ainsi proposé un portique conçu pour "être perçu comme un passage plutôt qu’une barrière". En plus du design, "ce système est déjà installé en Allemagne, en Angleterre et en Irlande", assure Bertrand Moritz.

 


Les portes d'embarquement de Scheidt & Bachmann également à Marseille. (Scheidt & Bachmann)

 

Xerox a préféré de son côté mettre en avant l’aspect ludique de ses portiques pour faciliter l’acceptation par les usagers. "Nos portillons intègrent des panneaux lumineux permettant de signaler la validation des titres de transports", détaille l’entreprise. "Cela apporte une convivialité supérieur." Les portiques anti-fraude ont tous été confectionnés en France.

 


Xerox a misé sur la convivialité avec ses portes iluminées à la gare Marseille-Saint-Charles. (Xerox)

 

Tranquillité et sécurité

Antoine de Rocquigny, le directeur des opérations et du service aux clients SNCF sépare deux buts distincts à l’installation de ces portes d’embarquement. Les portiques régleront un souci financier. "Chaque année, les voyageurs sans titre de transport représentent une perte de 300 millions d’euros pour la SNCF, dont 200 millions uniquement sur les lignes TGV".

Un chiffre bien plus important que les deux millions d’euros nécessaires pour financer la création des quatre portiques tests. "C’est une suite logique aux contrôles de billet avant d’entrer dans les trains", ajoute un porte-parole. "Ces opérations menées par les agents ont déjà permis une diminution de 25% des fraudes. Mais elles ne sont pas systématiques."

 


Les portiques de Thales sont installés à la gare de Paris Montparnasse. (Crédits - SNCF)

 

Le second point défendu par Antoine de Rocquigny est "d’assurer la tranquillité des passagers". Selon des statistiques de la SNCF, 80% des incivilités sont commises par des voyageurs sans titre de transport. Avec ce dispositif, "toutes les personnes qui montent dans le train ont le droit d’y monter".

Bien que ces portes ne prévoient pas de contrôle d’identité comme les portiques à l’embarquement des trains internationaux Thalys, le directeur des opérations et du service aux clients y voit "un dispositif différent mais complémentaire". Entre cinq et sept agents SNCF pourront réaliser "des contrôles aléatoires de bagages plus facilement" grâce au flux de voyageur régulé par ces barrières, estime-t-il.

Ce que vont y gagner les usagers

Grâce à la mise en place de ces portiques, la SNCF compte également augmenter le confort de ses passagers et leur prise en charge. "La fraude occupe 70 à 90% du temps du personnel de bord", affirme Antoine de Rocquigny. Il n’est pas question de faire disparaître les contrôleurs pour autant. "Un contrôleur devra tout de même vérifier si les différentes réductions des usagers sont valides ou non", explique-t-on à la SNCF.

Du moins pour un temps, puisqu’à l’avenir, l’ensemble des titres de transports, cartes de réductions et abonnements seront réunis sur un seul et même support.

C’est à ce moment que la SNCF proposera un service personnalisé à ces clients. "Les profils des voyageurs seront indiqués sur l’ordinateur de bord du personnel", détaille un porte-parole. "Un historique des voyages pourra par exemple indiquer les retards subis sur les derniers voyages. Les agents pourront ainsi faire des gestes commerciaux à ces personnes, comme leur offrir un café. C’est pourquoi l’installation de ces portiques représente donc un gros point de départ." Mais pour obtenir une telle qualité de service, il faudra tout d’abord attendre l’extension de ces portiques aux principales gares françaises prévue en 2017.

Pierre Monnier

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